Deux siècles de construction

Un portail de la Cathédrale Saint-Pierre

Les stalles du XIIIe siècle
comptent parmi les plus anciennes de France |
Située en contrebas et un peu à l’écart du centre de Poitiers,
la cathédrale Saint-Pierre est, avec la cathédrale d’Angers,
l’édifice le plus accompli de style dit « gothique Plantagenêt ».
Caractérisée par son immense chevet plat, elle est probablement
la représentation la plus originale de cet art.
Construction, architecture
Construite très lentement, à partir de 1162, elle est consacrée
en 1369 et ne fera plus l’objet que de chantiers mineurs :
achèvement des tours, réparation des dégâts des guerres de religion,
dépose d’une flèche foudroyée et aménagements intérieurs.
Pendant ces deux siècles, l’édifice vit notamment une modification
radicale de sa toiture.
De plus, il fut profondément marqué, au XIIIe siècle, par l’influence
du style gothique parisien. Ce dernier s’exprime, en particulier, dans les
sculptures des portails de sa façade occidentale.
Au XIXe siècle, on se contentera de déposer le dôme de la tour sud,
endommagé par les intempéries, en complétant les clochetons.
Au début du XXe siècle, on conclut les restaurations archéologiques
par la construction du couronnement néogothique de la façade.
Depuis n’ont eu lieu que des travaux d’entretien.
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Les richesses intérieures
Mais il faut s’attarder à l’intérieur de la cathédrale pour y
découvrir ses richesses.
Si les peintures murales furent recouvertes par un badigeon uniforme
en 1783, il nous reste à admirer de magnifiques verrières des XIIe
et XIIIe siècles.
Parmi les plus anciennes, sur le chevet, la très célèbre fenêtre
de la Crucifixion. Cette composition monumentale, exécutée vers 1165-1170,
est l’une des œuvres majeures du vitrail roman.
Il faut aussi s’attarder sur les stalles du XIIIe siècle. Il en reste deux
ensembles de 37 sièges chacun - au moins 24 ont été perdus - qui comptent
parmi les plus anciens de France.
D’une grande sobriété, elles comportent une belle variété de motifs : animaux
familiers ou fantastiques, scènes de la vie courante, représentations de métiers
ou figurations allégoriques de vices. Ces stalles sont le témoin évident de l’introduction
en Poitou de l’art du domaine royal.
Signalons aussi le Trésor qui, dans la tour sud, présente plus de 60 pièces ;
plus de la moitié sont des dépôts consentis par d’autres églises du département
ou par des monastères.
Enfin, la visite de la cathédrale est incomplète si elle n’est pas remplie
des couleurs somptueuses de l’orgue de François-Henri Clicquot qui, depuis 1791,
demeure magnifiquement accordé à l’édifice.
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Pour en savoir plus
La Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers
par l'Abbé Yves Blomme.
dans la collection "Les Cathédrales de France"
aux Editions du Patrimoine.
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